Lo sviluppo armonico del bambino
Chapitre 6 – Le développement émotionnel
S’adresser directement au bébé, le regarder dans les yeux, lui parler même avant qu’il ne comprenne le sens des mots ne favorise pas seulement le développement du langage. Cela a des effets plus profonds : cela active les neurones miroirs, la zone du cerveau dédiée à l’imitation et à l’empathie, qui constitue la base de toutes les compétences sociales et émotionnelles (21).
Dès les premières semaines de vie, les nourrissons montrent une préférence marquée pour les visages humains par rapport aux objets inanimés, et parmi les visages, ils privilégient ceux aux yeux ouverts et ceux qui sourient. Ils apprennent rapidement à sourire par imitation.
C’est ce mécanisme qui permet aux parents et aux adultes qui prennent soin d’un enfant d’assumer le rôle de guides de son développement émotionnel. Il s’agit d’une tâche fondamentale : bien que certaines émotions primaires soient innées et profondément ancrées dans la structure du cerveau, sans l’exemple et l’accompagnement d’un adulte, l’enfant n’est pas en mesure de les reconnaître et de les gérer seul.
À la base de tout se trouve l’attachement entre l’enfant et ses adultes de référence (22) — non seulement la mère, comme on l’a longtemps pensé, mais aussi le père, les grands-parents, la nounou, les éducatrices de la crèche. Si l’adulte se montre émotionnellement disponible, c’est-à-dire s’il prête attention aux demandes de l’enfant, s’efforce d’en interpréter les signaux et y répond de manière adéquate, l’enfant se sent protégé et pris en charge, et développe ce que les psychologues appellent un attachement sécurisé. À l’inverse, si ses appels restent sans réponse, l’enfant est exposé à un état de stress qui interfère avec le fonctionnement de l’hippocampe, la région du cerveau chargée de la régulation des émotions ; il apprend à ne pas faire confiance à ses figures de référence et peut, avec le temps, établir avec elles un attachement de type insécure.
Les enfants ayant développé un attachement sécurisé explorent leur environnement avec confiance tant qu’un adulte de référence se trouve à proximité, réagissent mal lorsqu’ils en sont séparés, mais se consolent rapidement lorsqu’ils retrouvent ses bras. En grandissant, ils acquièrent un meilleur contrôle de leurs émotions, ce qui se traduit par une plus grande capacité de concentration et de socialisation.
Les enfants présentant un attachement insécure peuvent manifester différentes réactions lorsqu’ils sont séparés de leur figure de référence : indifférence suivie de froideur au retour de l’adulte, ou au contraire désespoir au moment de la séparation, suivi d’une réaction de colère lorsqu’il revient. Un attachement insécure interfère avec la régulation émotionnelle et les capacités sociales de l’enfant.
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Tous les enfants expérimentent tôt ou tard des émotions négatives telles que la frustration ou la colère. Pour apprendre à les gérer, ils ont besoin de l’exemple et du soutien des adultes (23).
Ces derniers ne doivent pas les stigmatiser, mais les accueillir, en aidant les enfants à les reconnaître, tout en désapprouvant les comportements négatifs susceptibles d’en découler. Autrement dit, un enfant ne doit pas se sentir « mauvais » ou « fautif » parce qu’il éprouve de la colère ou de la frustration. En revanche, il doit apprendre à ne pas exprimer ces émotions par des attitudes destructrices ou nuisibles pour autrui. Il revient aux adultes qui s’occupent de lui de lui indiquer des « voies alternatives » pour exprimer son monde émotionnel. Avant tout, en l’enveloppant dans un environnement familial harmonieux, capable de contenir ses émotions, qu’elles soient positives ou négatives. Car l’enfant doit apprendre à faire face aux difficultés, mais il a besoin d’acquérir les outils nécessaires pour gérer les émotions qui en résultent. Son bien-être émotionnel à l’âge adulte dépendra en grande partie des expériences vécues durant sa petite enfance à cet égard.
Comme la colère et la frustration, la peur est également une émotion innée, profondément enracinée dans l’esprit humain pour des raisons évolutives, et dont les enfants ne doivent pas avoir honte. Avec l’aide de maman et papa, la peur doit être gérée efficacement, et certainement pas niée ni tournée en dérision (24).
Pour lutter contre la peur du noir ou l’idée irrationnelle de la présence d’un monstre dans sa chambre la nuit, par exemple, l’enfant doit apprendre à distinguer la réalité de la fantaisie et à contrôler ses impulsions émotionnelles : un développement qui demande des années. La bonne manière d’accompagner ce processus consiste à accueillir ses confidences, à lui montrer qu’il n’y a rien à craindre dans l’armoire ou sous le lit, à le rassurer par une présence physique, par le contact, par la voix et, éventuellement, à l’aide d’un doudou à serrer contre lui dans le lit.
Outre la peur face à des menaces réelles ou supposées, les enfants expérimentent, durant les premières années de vie, une autre émotion ancestrale qu’ils partagent avec les petits de tous les mammifères : l’angoisse de séparation (25). Elle se manifeste typiquement entre six et douze mois et peut persister, de manière de plus en plus atténuée, jusqu’à l’âge de trois ans. Elle peut se traduire par de véritables crises de panique au moment où l’enfant doit se séparer d’une figure de référence. L’angoisse de séparation est un phénomène physiologique et compréhensible du point de vue évolutif : nos ancêtres vivaient dans un monde dangereux où un enfant éloigné de la protection d’un adulte risquait de rencontrer un prédateur. Ce n’est pas un hasard si cette forme d’angoisse apparaît précisément à l’âge où les enfants commencent à gagner en autonomie, lorsqu’ils apprennent à ramper, à se déplacer dans la maison ou à marcher, et qu’ils s’ouvrent aux contacts sociaux. Au fil de la croissance, l’angoisse de séparation tend à s’atténuer, mais elle peut réapparaître ponctuellement de manière plus intense à l’occasion de certains événements, comme l’entrée à la crèche ou la naissance d’un petit frère ou d’une petite sœur.
Dans ces moments-là, il sera essentiel que les adultes de référence continuent à soutenir l’enfant et à rester proches de lui, en lui accordant des soins et une attention particulière.
(21) T. Farroni et al, « La perception des expressions faciales chez les nouveau-nés », European Journal of Developmental Psychology 4 (2007) pp. 2-13
(22) A. M. Groh et al, « The significance of attachment security for children’s social competence with peers: a meta-analytic study », Attachment and Human Development 16 (2014) pp 103-136
(23) L. Loop et I. Roskam, « Les enfants se comportent-ils mieux lorsque les pratiques d’accompagnement émotionnel des parents sont stimulées ? Une étude micro-essai », Journal of Child and Family Studies 25 (2016) pp. 2223-2235
(24) J. Panksepp et al, « Fondements neuro-évolutifs de l’esprit des nourrissons : des visions psychanalytiques de la manière dont les émotions primaires guident la construction de l’esprit humain à la compréhension neuroscientifique affective des émotions et de leurs troubles », Psychoanalytic Inquiry 39 (2019) pp. 36-51
(25) M. Battaglia, « Anxiété de séparation : au carrefour neurobiologique de l’adaptation et de la maladie », Dialogues of Clinical Neuroscience 17 (2015) pp. 277-285
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