La buona nanna
Chapitre 10 – Les règles du sommeil en toute sécurité
Malheureusement, encore aujourd’hui, trop de nourrissons décèdent pendant leur sommeil. Ces décès sont le plus souvent liés à des événements tragiques clairement identifiables, comme des chutes, des étouffements, des strangulations ou les conséquences de maladies graves. D’autres, en revanche, restent inexpliqués même après un examen post-mortem approfondi.
Tous les épisodes au cours desquels un nourrisson perd la vie de manière inexpliquée sont regroupés sous le terme de Sudden Infant Death Syndrome, (SIDS), ou mort subite du nourrisson. Il s’agit d’un événement rare qui, en Italie, touche environ un nourrisson sur 2 000 et concerne le plus souvent les bébés âgés de 2 à 4 mois (29).
La recherche scientifique n’a pas encore totalement élucidé les causes de ce phénomène, mais on suppose que les enfants concernés présentent une altération des centres cérébraux qui régulent les mécanismes de l’éveil. En situation d’hypoxie, c’est-à-dire de manque d’oxygène, ces mécanismes ne s’activent pas correctement et ne déclenchent pas un réveil immédiat.
Afin de prévenir le risque de SIDS et d’autres décès liés au sommeil, l’American Academy of Pediatrics (AAP) a établi une série de recommandations, mises à jour tous les cinq ans. Le dernier rapport publié par l’AAP date de 2016 et identifie les règles suivantes (30) :
- Partager la chambre des parents: Il est recommandé que le bébé dorme dans la même chambre que ses parents, dans une nacelle ou un lit placé près du leur, au moins durant les six premiers mois de vie, et idéalement jusqu’à un an. Les études montrent que dormir dans la chambre des parents, mais dans un espace séparé, réduit le risque de SIDS jusqu’à 50 %. Même si aucune indication précise n’existe quant à l’âge exact jusqu’auquel cette pratique doit être maintenue, les six premiers mois sont particulièrement critiques, car les taux de SIDS et d’autres décès liés au sommeil — notamment ceux survenant en cas de partage du lit parental — sont plus élevés durant cette période. Placer la nacelle près du lit des parents facilite l’allaitement, le réconfort et la surveillance du nourrisson. L’AAP n’a pas encore formulé de recommandations spécifiques concernant les berceaux side-bed, mais le message central reste clair : il ne faut pas céder à la tentation de faire dormir le bébé dans le lit parental. À cet égard, une berceau permettant de replacer facilement l’enfant dans son propre espace peut constituer une bonne solution.
- Faire dormir le bébé sur le dos jusqu’à l’âge de 12 mois. Il a été démontré que la position sur le dos (position supine) est la plus sûre pendant le sommeil. Même la position latérale est associée à une augmentation du risque, notamment parce que le nourrisson peut se retrouver sur le ventre pendant la nuit sans être capable de se retourner. Lorsque l’enfant est capable de se retourner seul du dos au ventre et inversement, il peut rester dans la position qu’il adopte spontanément. Dormir toujours sur le dos peut toutefois entraîner un aplatissement de l’arrière du crâne (plagiocéphalie positionnelle). Pour réduire ce risque, l’AAP recommande de placer le bébé, lorsqu’il est éveillé et sous la surveillance d’un adulte, en position ventrale ou latérale, ce qui favorise également son développement moteur.
- Utiliser des matelas plats et fermes. Une surface ferme conserve sa forme et ne s’affaisse pas sous le poids de la tête du bébé. Les matelas trop mous, y compris ceux en mousse à mémoire de forme, peuvent créer des creux et augmenter le risque d’étouffement.
- Retirer les objets mous de la berceau: Coussins, peluches, couvertures lâches et tours de lit peuvent obstruer le nez et la bouche du nourrisson, entraînant un risque d’étouffement ou d’emprisonnement.
- Bien fixer draps et couvertures: Les draps et couvertures ne doivent jamais couvrir la tête du bébé et doivent être solidement fixés. Le nourrisson doit être installé avec les pieds au fond du lit afin d’éviter qu’il ne glisse sous les couvertures.
- Proposer une tétine: Les recherches de l’AAP ont montré que l’utilisation de la tétine réduit le risque de SIDS. Bien que le mécanisme exact ne soit pas totalement compris et reste débattu dans la communauté scientifique, il semble que cet effet soit lié à une succion plus fréquente pendant la nuit et à un sommeil plus léger chez les enfants habitués à la tétine. Il ne faut toutefois jamais forcer un enfant à la prendre. Les chaînes et rubans doivent toujours être retirés.
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- Éviter la surchauffe: Le bébé ne doit jamais être trop couvert et ne devrait pas porter plus de couches de vêtements que celles qui permettent aux parents de se sentir à l’aise dans la même pièce. Pour vérifier s’il a trop chaud, il suffit de poser une main sur sa poitrine et de toucher l’arrière de sa tête pour voir s’il transpire. La température idéale de la chambre est d’environ 20 °C, avec une humidité de 50 à 60 %, afin d’éviter le dessèchement des voies respiratoires. En hiver, il ne faut pas exagérer le chauffage : des différences trop importantes entre la température intérieure et extérieure peuvent perturber le fonctionnement des cellules ciliées des voies respiratoires, qui jouent un rôle protecteur contre virus et bactéries. En été, la pièce doit être bien aérée et, si nécessaire, un climatiseur peut être utilisé, en veillant à ne jamais exposer le bébé à des courants d’air froid directs.
- Favoriser l’allaitement maternel: Les études montrent que l’allaitement maternel est associé à une réduction du risque de SIDS de 60 % ou plus, en particulier en cas d’allaitement exclusif. Le lait maternel est une substance vivante, qui change au cours de la tétée et au fil du temps, s’adaptant aux besoins de l’enfant et renforçant la maturation du système nerveux central, notamment le contrôle de la respiration pendant le sommeil.
- Ne pas fumer: Dès la grossesse — et si possible avant — la mère et le père devraient arrêter de fumer. Si quelqu’un fume encore à la maison, une vigilance extrême est indispensable, non seulement vis-à-vis du tabagisme passif, mais aussi du tabagisme tertiaire. Fumer à l’extérieur ne suffit pas : les substances toxiques se déposent sur les surfaces, dans les voitures et sur les vêtements, et les enfants les absorbent par la respiration, l’ingestion et le contact cutané. Après avoir fumé hors du domicile ou d’un lieu fréquenté par l’enfant, il est donc essentiel de se laver les mains, de se brosser les dents et de changer de vêtements. De nombreuses études ont démontré de façon incontestable que le tabagisme domestique augmente le risque de nombreuses maladies et celui de la mort subite du nourrisson.
(29) www.sidsitalia.it
(30) https://pediatrics.aappublications.org/content/138/5/e20162938
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