Cura e attenzioni amorevoli
Chapitre 11 – Les pleurs du bébé
Au cours des cinq premières minutes de vie, les pleurs font partie des signes évalués pour calculer le score d’Apgar, c’est-à-dire l’indice attribué aux paramètres vitaux du nouveau-né. S’il pleure, cela signifie qu’il respire correctement et que ses réflexes sont présents. Les vagissements du bébé, associés à ses regards intenses, à ses petites grimaces et à ses mouvements, éveillent chez la personne qui s’en occupe une tendresse instinctive qui se transforme en un inévitable sentiment de protection.
Au moins durant les trois premiers mois, le bébé utilise les pleurs comme principal moyen de communication pour attirer l’attention de ses parents et solliciter leur aide. Il pleure s’il a faim, soif, chaud ou froid, s’il ressent une douleur ou une gêne, s’il est séparé de la figure adulte de référence, ou encore s’il recherche le contact physique et les câlins. Les petits de certaines espèces animales sont capables de rester longtemps séparés de leurs parents dans l’attente de leur retour et n’ont pas besoin de se nourrir fréquemment. Comme les autres primates, l’être humain a évolué différemment : nous portons nos petits avec nous et les nourrissons souvent. Voilà pourquoi le bébé pleure et appelle sa maman et son papa lorsqu’il est laissé seul trop longtemps. Et voilà aussi pourquoi les pleurs cessent souvent lorsqu’un adulte de référence le prend dans ses bras, le berce, le garde contre lui et lui accorde de l’attention (12).
Dès les premiers jours de vie, l’un des principaux défis des nouveaux parents consiste précisément à comprendre ce langage particulier afin de pouvoir accueillir et satisfaire les besoins du nourrisson. Ce n’est pas une tâche simple et elle peut parfois générer un sentiment de désorientation, amenant la mère à croire qu’elle n’est pas capable de comprendre ni de prendre soin de son bébé. Il est toutefois nécessaire de se laisser du temps pour apprendre à se connaître mutuellement : il faut parfois plusieurs semaines pour entrer en syntonie avec l’enfant et commencer à comprendre ce qu’il cherche à exprimer par ses pleurs. Il ne faut jamais céder à l’anxiété ni chercher à le faire taire le plus rapidement possible en lui « bouchant » la bouche avec une tétine ou le sein : non seulement cela risque de ne pas le calmer, mais surtout de ne pas répondre à son véritable besoin. Il vaut mieux le prendre dans les bras, lui faire comprendre que l’on est présent pour lui et l’observer afin de tenter de découvrir les raisons de son agitation. Les pleurs appellent toujours une réponse : les ignorer sous prétexte de ne pas le « gâter » est contre-productif. Certes, à la longue, l’enfant finit par cesser de pleurer et apprend à se consoler seul, mais au risque de devenir un enfant peu communicatif et, plus tard, un adulte insécure. Il arrive cependant que les pleurs soient inconsolables et que l’on ne puisse rien faire d’autre qu’être présent, en essayant de rester calme afin d’éviter que le bébé, percevant la nervosité du parent, ne s’agite à son tour, déclenchant ainsi un cercle vicieux.
Si, malgré l’attention portée à ses besoins et toutes les précautions mises en œuvre pour le calmer, le bébé pleure longtemps de manière inconsolable ou inhabituelle par rapport à son comportement habituel, il est conseillé de consulter le pédiatre afin d’en rechercher les causes possibles. Il existe de nombreuses formes de pleurs, difficiles à classer, car chaque enfant communique différemment et parce que plusieurs causes peuvent être associées simultanément. Seules les personnes qui vivent avec lui jour et nuit apprendront, avec le temps, à les reconnaître et à en distinguer les origines.

Certaines formes de pleurs sont toutefois très particulières et facilement reconnaissables:
Il a faim: c’est le pleur le plus simple à identifier, car il est soutenu, fort et intense. Il peut commencer progressivement ou soudainement, généralement lorsque le bébé a les yeux fermés, sans larmes, les mains serrées en poings contre la poitrine, puis il ouvre et referme les bras. Les pleurs constituent un signal tardif de la faim, qu’il faut satisfaire le plus rapidement possible afin d’éviter que l’état d’agitation n’empêche le bébé de téter, augmentant ainsi sa détresse. Il est recommandé d’allaiter à la demande, en observant le bébé pour repérer les signaux clairs de faim : la langue claque contre le palais, les lèvres font des mouvements de succion, la tête se tourne de droite à gauche comme à la recherche du sein et, juste avant de pleurer, il porte sa main à la bouche et commence à sucer son doigt ou son poignet.
Il a sommeil : les pleurs commencent comme une plainte. Le bébé paraît agité, gémit et bouge comme s’il ne trouvait pas de position confortable. Le prendre dans les bras et le bercer doucement le calme généralement : ses mouvements diminuent, son rythme cardiaque ralentit et il s’achemine vers l’endormissement. Une fois reposé dans la nacelle, il n’est toutefois pas rare qu’il recommence à pleurer. Dans ce cas, on peut essayer le peau à peau (skin to skin), qui s’est également révélé avoir un effet antalgique très efficace pour apaiser les bébés, notamment après une vaccination ou une prise de sang (13). Il est certain que les bébés perçoivent l’implication émotionnelle de l’adulte qui s’occupe d’eux. S’ils sont bercés par une personne qui les regarde d’un air neutre, ne leur parle pas, ne chante pas ou, pire encore, regarde l’écran d’un téléphone, ils se sentent mal à l’aise.
Il est donc important qu’un adulte fatigué ou nerveux demande de l’aide à une autre personne pour s’occuper du bébé pendant qu’il se repose, afin de pouvoir ensuite reprendre le relais avec une énergie et un enthousiasme renouvelés (14).
Il a mal: Les pleurs liés à une douleur aiguë, comme en cas de contusion ou de réaction à une vaccination, sont forts et soudains, puis deviennent plus faibles et finissent par cesser. Dans ce cas, il suffit de prendre le bébé dans les bras, de le câliner et de le rassurer avec des paroles douces et une voix calme. En cas de coliques, en revanche, les pleurs peuvent devenir inconsolables : ils éclatent brutalement, le bébé devient rouge et replie les jambes sur son ventre. Cela se produit généralement le soir, de façon régulière, entre le début du premier mois de vie et la fin du troisième. Le parent ne peut souvent pas faire grand-chose d’autre que s’inspirer des conseils donnés dans le chapitre consacré au sommeil.
Il est agité: Ce type de pleurs ressemble à ceux liés au sommeil, mais le bébé a du mal à s’endormir. Il est particulièrement tendu, paraît agité et perturbé, pleure par intermittence. Il peut avoir trop chaud ou trop froid, une irritation, ou simplement se sentir mal à l’aise parce que sa couche est sale. Après avoir exclu toutes ces causes, la seule solution est de le laisser exprimer son malaise tout en restant près de lui et en lui faisant sentir une présence rassurante.
(12) L. Gray et al, « Skin-to-skin contact is analgesic in healthy newborns », Pediatrics 105 (2000) n.14
(13) E. L. Möller et al, « Infant crying and the calming response: Parental versus mechanical soothing using swaddling, sound, and movement », PLoS One. 14 (2019) n° 0214548
(14) R. C. White-Traut et al, « Cortisol salivaire et réponses comportementales de nouveau-nés en bonne santé à des interventions tactiles et multisensorielles », Journal of Obstetric, Gynecologic and Neonatal Nursing 38 (2009) pp. 22-34
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