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Approfondimenti scientifici

Exposition aux rayons UVA chez le nouveau-né et le nourrisson au cours de la première année de vie & vulnérabilité cutanée à l'âge pédiatrique

Dr.esse Alexandra Semjonova
FOCUS: Nouveau-né en été

L’exposition aux rayonnements ultraviolets (UV) constitue le principal facteur environnemental responsable des dommages cutanés cumulatifs et de la photocarcinogenèse. Le rayonnement UV qui atteint la surface de la Terre est composé principalement de rayons UVA (320–400 nm), divisés en UVA2 (320–340 nm) et UVA1 (340–400 nm), et de rayons UVB (290–320 nm).

Les UVA représentent plus de 95 % du rayonnement ultraviolet incident et, grâce à leur longueur d’onde plus longue, pénètrent profondément dans la peau jusqu’au derme papillaire et réticulaire, où ils induisent un stress oxydatif, des altérations de la matrice extracellulaire, une immunomodulation et des dommages cellulaires médiés par la formation d’espèces réactives de l’oxygène (ROS).
Les UVB, bien qu’ils pénètrent principalement dans l’épiderme, exercent un puissant effet mutagène par la formation de photoproduits de l’ADN, en particulier des dimères de cyclobutane-pyrimidine (CPD) et des photoproduits 6-4 pyrimidine-pyrimidone.

L’action combinée des UVA et des UVB entraîne une accumulation progressive d’altérations moléculaires qui constituent le substrat biologique du photovieillissement, de l’immunosuppression photo-induite et de la carcinogenèse cutanée.

 

Pourquoi la peau du nouveau-né est-elle plus vulnérable aux rayons UV

Chez le nouveau-né et le nourrisson, au cours de la première année de vie, ces effets sont amplifiés par les caractéristiques particulières de la peau, qui représente un organe encore en phase de développement tant du point de vue structurel que fonctionnel.

 

Une barrière cutanée encore immature

La peau du nouveau-né à terme achève rapidement son adaptation à la vie extra-utérine, mais sa maturation se poursuit pendant plusieurs mois après la naissance. Au cours des 12 premiers mois de vie, l’épiderme présente une épaisseur inférieure à celle de l’âge adulte, avec une couche cornée plus fine, une moindre cohésion entre les cornéocytes et une fonction barrière encore en évolution. Bien que la perte d’eau transepidermique (transepidermal water loss, TEWL) atteigne des valeurs proches de celles de l’adulte dans les premières semaines de vie chez le nouveau-né à terme en bonne santé, la barrière épidermique conserve une plus grande vulnérabilité vis-à-vis des agents physiques, chimiques et environnementaux, y compris le rayonnement ultraviolet. Cette immaturité est encore plus marquée chez les nouveau-nés prématurés, pour lesquels l’achèvement de la barrière cutanée nécessite des délais nettement plus longs.

 

Un derme plus fin et moins résistant

Le derme présente également des caractéristiques distinctives. L’épaisseur dermique est réduite et le réseau de fibres de collagène et d’élastine est encore en phase d’organisation. La matrice extracellulaire est relativement riche en eau et en glycosaminoglycanes, tandis que le tissu conjonctif offre une moindre résistance aux agressions mécaniques et oxydatives. Par conséquent, la plus grande capacité de pénétration des rayonnements UVA dans les tissus profonds peut entraîner des dommages biologiques relativement plus étendus que chez l’adulte.

 

Une protection naturelle encore incomplète

La pigmentation cutanée constitue un élément de vulnérabilité supplémentaire. Bien que le nombre de mélanocytes soit sensiblement identique à celui de l’adulte dès la naissance, leur activité biosynthétique est significativement réduite. Au cours des premiers mois de vie, la production de mélanine, la maturation des mélanosomes et leur transfert aux kératinocytes sont encore incomplets, limitant l’efficacité de la protection naturelle vis-à-vis du rayonnement ultraviolet. Cette capacité photoprotectrice réduite favorise une plus grande susceptibilité aux dommages oxydatifs et mutagènes induits par l’exposition solaire.

 

Défenses antioxydantes et réparation de l’ADN en cours de maturation

Les systèmes de défense antioxydants sont également fonctionnellement immatures. L’activité des enzymes telles que la superoxyde dismutase, la catalase et la glutathione peroxydase, fondamentales dans la neutralisation des espèces réactives de l’oxygène, atteint progressivement les niveaux de l’âge adulte au cours de la première année de vie. Parallèlement, les mécanismes de réparation de l’ADN, bien que présents, présentent une efficacité fonctionnelle moindre dans les premières phases du développement, favorisant la persistance des dommages moléculaires consécutifs à l’exposition aux rayons UV.

 

Un système immunitaire cutané encore en développement

La peau néonatale présente en outre des particularités immunologiques qui contribuent à augmenter sa vulnérabilité. Le système immunitaire cutané se caractérise par une compétence fonctionnelle réduite des cellules de Langerhans, par une composition différente des populations lymphocytaires résidentes et par une production encore immature de cytokines pro et anti-inflammatoires. Cette condition entraîne une plus grande susceptibilité à la photo-immunosuppression induite par les UV, phénomène qui interfère avec la surveillance immunologique vis-à-vis des cellules génétiquement endommagées et représente l’un des principaux mécanismes impliqués dans la photocarcinogenèse.

 

Plus grande surface cutanée et plus grande absorption

Une autre caractéristique distinctive de la première année de vie est le rapport élevé entre la surface corporelle et le poids corporel, environ deux à trois fois supérieur à celui de l’adulte. Cette particularité entraîne une plus grande surface cutanée exposée par rapport à la masse corporelle et détermine, d’une part, une plus grande vulnérabilité aux agents environnementaux et, d’autre part, une augmentation potentielle de l’absorption percutanée des substances appliquées par voie topique. Cet aspect revêt une importance particulière dans le choix des produits photoprotecteurs destinés aux nourrissons, chez lesquels doivent être privilégiées les formulations caractérisées par un profil de sécurité élevé, une biodisponibilité systémique minimale et un faible potentiel irritant ou sensibilisant.

 

Le rôle du microbiome cutané

Le microbiome cutané, élément fondamental de l’homéostasie épidermique et de la régulation immunitaire, subit également de profondes modifications au cours de la première année de vie. La colonisation microbienne commence immédiatement après la naissance et continue d’évoluer au cours des mois suivants, contribuant progressivement à la maturation de la fonction barrière et des réponses immunitaires cutanées. Les altérations de l’intégrité épidermique induites par le rayonnement ultraviolet peuvent interférer avec ce délicat processus de développement.

 

Les dommages solaires commencent tôt

Les preuves épidémiologiques montrent que les dommages actiniques sont un phénomène cumulatif qui commence tôt. Bien que la première année de vie ne représente qu’une part minime de l’exposition solaire totale, la susceptibilité biologique élevée de la peau rend cette fenêtre temporelle particulièrement critique. Les expositions intenses et intermittentes peuvent entraîner des altérations persistantes dans les kératinocytes épidermiques et les mélanocytes, favorisant l’accumulation de mutations somatiques et de modifications épigénétiques qui constituent la première étape du processus de photocarcinogenèse.

 

Recommandations pour la photoprotection au cours des six premiers mois de vie

Pour ces raisons, toutes les principales sociétés savantes internationales, dont l’American Academy of Pediatrics (AAP, 2022), l’American Academy of Dermatology (AAD, 2024) et le Cancer Council Australia (2023), recommandent de ne pas exposer directement les nouveau-nés de moins de six mois à la lumière du soleil. Dans cette tranche d’âge, la photoprotection doit être obtenue prioritairement par des stratégies comportementales et des barrières physiques, incluant le maintien à l’ombre, l’utilisation de vêtements ayant un facteur de protection ultraviolet (UPF) élevé, de chapeaux à larges bords et l’utilisation de landaus et de poussettes équipés de capotes ou de systèmes de protection réalisés avec des tissus certifiés à haute protection contre les rayons UV (UV Protection/UPF). Ces dispositifs doivent garantir une protection efficace contre le rayonnement ultraviolet sans compromettre la ventilation et le renouvellement de l’air à l’intérieur du landau.

Il est en effet essentiel d’éviter de couvrir complètement avec des draps ou des couvertures non respirants, une pratique qui peut entraîner une augmentation rapide de la température interne, réduire la dissipation de la chaleur et augmenter considérablement le risque d’hyperthermie et de stress thermique chez le nouveau-né. Les capotes conçues avec des matériaux techniques respirants et à haute protection UV constituent donc la solution préférable, car elles permettent de conjuguer une efficacité photoprotectrice élevée avec une aération adéquate et le maintien du confort thermo-hygrométrique du nourrisson.

 

Après six mois : quand utiliser un photoprotecteur

Chez le nourrisson de plus de six mois, lorsque l’exposition au soleil n’est pas évitable, la photoprotection topique constitue une mesure complémentaire et non substitutive des stratégies physiques. Des produits à large spectre sont recommandés, efficaces contre les UVB et les UVA, avec une photostabilité élevée et un profil de sécurité prouvé dans la population pédiatrique, de préférence formulés avec des filtres minéraux ou avec des systèmes filtrants spécifiquement développés pour la peau sensible des enfants.

 

Message clé

Au regard des caractéristiques anatomiques, physiologiques et immunologiques particulières de la peau au cours de la première année de vie, la photoprotection constitue une intervention préventive fondamentale. La prévention d’une exposition excessive aux rayons ultraviolets pendant cette fenêtre de développement n’a pas pour seul objectif d’éviter les effets aigus de l’irradiation, mais constitue une stratégie de prévention primaire visant à réduire la charge des dommages actiniques cumulatifs et le risque de tumeurs cutanées à l’âge adulte.
Les présentes recommandations, élaborées par un panel multidisciplinaire d’experts en dermatologie pédiatrique, visent à fournir des indications fondées sur des preuves pour l’utilisation appropriée des mesures de photoprotection chez les nouveau-nés et les nourrissons, en intégrant les connaissances les plus récentes sur la physiologie de la peau à l’âge pédiatrique avec les preuves actuelles en matière de photobiologie et de prévention pédiatrique.

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