Approfondimenti scientifici
Prise en charge de la rhinorrhée chez le nouveau-né
La perméabilité des voies aériennes nasales constitue un déterminant critique de la fonction respiratoire chez les nourrissons et les enfants. Une respiration nasale efficace représente le premier niveau de défense immunitaire contre les agents pathogènes respiratoires et contribue au maintien de l’homéostasie physiologique. L’appareil nasal n’agit pas uniquement comme un conduit pour l’air inspiré : il constitue aussi un nœud crucial de communication avec les voies respiratoires supérieures, incluant l’oreille moyenne, le rhinopharynx et les sinus paranasaux.
Chez le nourrisson, la morphologie anatomique favorise des connexions directes entre les cavités nasales et les autres voies aériennes, rendant essentielle la fonction mucociliaire pour prévenir des complications infectieuses secondaires. Une perméabilité nasale optimale garantit un sommeil régulier et facilite le réchauffement, l’humidification et la filtration de l’air inhalé.

Rhinorrhée et rhinosinusite chez l’enfant : définition et physiopathologie
La rhinite virale aiguë (le « rhume ») est une inflammation de la muqueuse nasale induite par des agents viraux, dont les rhinovirus, coronavirus, adénovirus et autres. L’inflammation muqueuse entraîne œdème, hyperémie et hyperproduction de sécrétions, avec pour conséquence une congestion nasale et une rhinorrhée. L’exposition au froid ne constitue pas la cause première de la maladie, mais peut moduler la fonction ciliaire et la clairance mucociliaire, réduisant l’efficacité de l’élimination mécanique des particules étrangères et des micro-organismes.
La muqueuse respiratoire est dotée de cils épithéliaux pseudostratifiés qui coordonnent le transport mucociliaire en dirigeant le mucus séromuqueux vers le rhinopharynx, où il est éliminé par déglutition. Ce mucus piège les particules polluantes, les allergènes et les agents pathogènes. Lors d’un processus inflammatoire viral, l’augmentation de la viscosité du mucus et la diminution de la motilité ciliaire altèrent le transport mucociliaire, favorisant la stase des sécrétions et une colonisation bactérienne secondaire.
Anatomie et développement des sinus paranasaux
Chez l’enfant, la morphologie des sinus paranasaux présente des caractéristiques particulières :
- Sinus maxillaires et ethmoïdaux : présents et fonctionnels dès la naissance ; principales localisations des rhinosinusites pédiatriques.
- Sinus frontaux : débutent leur développement vers l’âge de 2 ans, avec une maturation autour de 5 ans.
- Sinus sphénoïdaux : maturation structurelle à l’adolescence (environ 20 ans).
Ces différences de maturation anatomique expliquent la variabilité clinique et symptomatologique des infections sinusiennes chez l’enfant par rapport à l’adulte. L’obstruction nasale peut entraîner une respiration buccale, compromettant les mécanismes naturels de filtration, de réchauffement et d’humidification de l’air, et facilitant la propagation d’agents pathogènes vers l’oreille moyenne et les voies respiratoires inférieures, avec des complications possibles telles que l’otite moyenne aiguë et la bronchite.

Immunologie et facteurs protecteurs
Le système immunitaire du nouveau-né et du jeune enfant est encore immature, avec une réponse adaptative limitée et une plus grande susceptibilité aux virus des voies respiratoires supérieures. L’allaitement maternel confère une protection grâce au transfert d’IgA sécrétoires et à la promotion d’un microbiote intestinal et muqueux riche en bifidobactéries et lactobacilles, contribuant à la modulation de la réponse immunitaire et à la réduction du risque d’infections récidivantes.
Présentation clinique
La rhinite aiguë chez le nourrisson et l’enfant se manifeste par :
- Congestion nasale (obstruction des cavités nasales)
- Rhinorrhée aqueuse ou mucopurulente
- Éternuements fréquents
- Toux réflexe
- Hyperhémie conjonctivale et larmoiement
- Fièvre légère
- Irritabilité, troubles du sommeil et difficultés d’alimentation, surtout chez le nourrisson
Il est essentiel de souligner que, chez les nourrissons jusqu’à 12 mois, la respiration est principalement nasale (« respiration nasale obligatoire ») ; une obstruction nasale peut donc compromettre de façon significative l’oxygénation, l’alimentation et le confort général.
La perméabilité et la fonctionnalité de la muqueuse nasale sont des déterminants essentiels pour prévenir les infections respiratoires et maintenir l’homéostasie respiratoire chez le nourrisson et l’enfant. La compréhension de l’anatomie nasale pédiatrique, de la physiologie mucociliaire et de la pathogenèse des infections des voies aériennes supérieures est indispensable pour une approche clinique ciblée et fondée sur des preuves scientifiques.
Lavages nasaux chez le nouveau-né et le nourrisson
Les lavages nasaux chez le nouveau-né constituent une pratique sûre et recommandée dès les premiers mois de vie, même s’ils peuvent initialement susciter de l’appréhension chez les parents. Chez les enfants de moins de 3 ans, l’incapacité à expulser spontanément les sécrétions rend nécessaire l’élimination active du mucus afin de maintenir la perméabilité et la fonctionnalité des voies aériennes supérieures.

La clairance nasale est essentielle pour prévenir les obstructions, les infections et les complications touchant l’oreille moyenne, les amygdales, le pharynx et les voies bronchiques. Le nettoyage des cavités nasales, au moyen de solutions salines stériles, apyrogènes et fabriquées par des entreprises spécialisées, formulées spécifiquement pour les nourrissons et les jeunes enfants, permet d’éliminer le mucus stagnant, les allergènes et les agents infectieux, améliorant la respiration et le bien-être global, notamment avant le coucher et pendant l’allaitement, lorsque la respiration buccale est limitée. L’utilisation de solutions “maison” ou non certifiées est déconseillée, car elle peut comporter des risques de contamination ou de concentration en sel inadaptée.
Technique correcte du lavage nasal
- Préparation de la solution : réchauffer la solution stérile fabriquée par des entreprises spécialisées à une température de 30–32 °C, afin d’assurer le confort et de réduire le risque de toux réflexe ou de spasmes laryngés.
- Administration : utiliser un dispositif médical stérile, tel qu’une seringue munie d’un embout anatomique. Installer l’enfant en position dorsale, éventuellement enveloppé dans un drap pour limiter les mouvements involontaires.
- Réalisation : incliner légèrement la tête sur le côté ; introduire l’embout dans la narine supérieure et instiller doucement la solution saline, en favorisant le passage d’une narine à l’autre. Répéter l’opération de l’autre côté.
- Après le lavage : relever l’enfant en position semi-inclinée pour faciliter l’évacuation des sécrétions résiduelles, puis nettoyer les narines avec un mouchoir ou une compresse stérile.
- Précaution : il est essentiel que le nourrisson garde la bouche légèrement ouverte pendant la procédure afin de faciliter l’écoulement du liquide et de réduire la pression intranasale.
Types de solutions salines
- Isotoniques : concentration en NaCl d’environ 9 g/L, équivalente à la salinité des liquides corporels.
- Hypertoniques : concentration supérieure à 9 g/L ; utilisées dans des situations sélectionnées pour améliorer l’hydratation de la muqueuse et faciliter la clairance mucociliaire. Seules des solutions produites par des entreprises spécialisées doivent être utilisées ; les préparations “maison” sont à éviter.
Le virus du rhume se transmet par des gouttelettes respiratoires et peut persister sur les surfaces. Il est donc conseillé de limiter le contact du nourrisson avec des personnes symptomatiques et de réduire l’exposition aux lieux bondés ou fermés (centres commerciaux, transports publics) durant les premiers mois de vie, lorsque la réponse immunitaire est encore immature.
Ghirardo S, Taddio A, Barbi E. « L’irrigation nasale avec une solution saline améliore significativement la saturation en oxygène chez les nourrissons atteints de bronchiolite.» Acta Paediatrica. 2016
Khanal A, Sharma A, Basnet S, Gami F. « Solution saline hypertonique nébulisée (3 %) chez les enfants atteints de bronchiolite légère à modérément sévère : essai contrôlé randomisé en double aveugle.» BMC Pediatrics. 2015
Lin SY, Baugher KM, Brown DJ, Ishman SL. « Effets du lavage nasal à la solution saline sur les symptômes de la sinusite pédiatrique et la qualité de vie spécifique à la maladie : une série de cas portant sur 10 patients.» Ear, Nose & Throat Journal. 2015
Gallant J-N, Basem JI, Turner JH, Shannon CN, Virgin FW. « Irrigation nasale à la solution saline dans la rhinosinusite pédiatrique : une revue systématique. » Revue internationale d’oto-rhino-laryngologie pédiatrique. 2018
Torretta S, Pignataro L, Ibba T, Folino F, Fattizzo M, Marchisio P. « Irrigations nasales supervisées à l’eau salée chez les enfants sujets aux otites. » Frontiers in Pediatrics. 2019
Malizia V, Fasola S, Cilluffo G, La Grutta S. « Efficacité de l’irrigation nasale à l’eau salée hypertonique tamponnée sur les symptômes nasaux chez les enfants atteints de rhinite allergique saisonnière : un essai contrôlé randomisé. » 2017
Yadegary B, Houshmand H, Ghaemi MR. « Efficacité de l’irrigation nasale dans le traitement de la rhinite allergique chez les enfants de 6 à 12 ans. » Iranian Journal of Allergy, Asthma and Immunology. (2025)
Ragab A, Farahat T, Al‑Hendawy G, Samaka R, Ragab S, El‑Ghobashy A. « Irrigation nasale saline avec ou sans antibiotiques systémiques dans le traitement des enfants atteints de rhinosinusite aiguë. » International Journal of Pediatric Otorhinolaryngology. (2015)
Chirico G, Quartarone G, Mallefet P. « Congestion nasale chez le nourrisson et l’enfant : revue de la littérature sur l’efficacité et l’innocuité des traitements non pharmacologiques. » Minerva Pediatrica. 2015
Yücel K, Yildirim YAVU ZS. « Efficacité d’une solution d’irrigation nasale pédiatrique avec ou sans xylitol. » [Journal]. 2022.
