Approfondimenti scientifici
Feng Shui: Environnement, développement et bien-être dans la petite enfance
Dans la conception des espaces de vie destinés à la famille, l’attention se porte souvent principalement sur les aspects fonctionnels : le repos, l’alimentation, l’organisation des pièces. Pourtant, de nombreuses études en psychologie environnementale et en neuroarchitecture montrent que l’espace domestique influence de manière significative le bien-être émotionnel, relationnel et psychologique, tant chez l’adulte que chez le nouveau-né.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le Feng Shui, une discipline d’origine chinoise dont le nom peut être traduit par « vent » et « eau ». Le Feng Shui propose une lecture systémique de l’environnement, considéré non seulement comme un contenant physique, mais comme un élément actif dans la régulation du bien-être psychophysique et relationnel.

Origines et signification du Feng Shui
Le Feng Shui trouve ses racines dans la Chine ancienne, il y a plus de 5 000 ans, et naît comme un système d’observation de la relation entre l’être humain, la nature et l’espace construit. Traditionnellement, cette discipline analyse la qualité des environnements en fonction de leur capacité à soutenir la santé, la stabilité émotionnelle et la prospérité.
Dans une perspective contemporaine, le Feng Shui peut être interprété comme un pont conceptuel entre architecture, neurosciences et psychologie environnementale, offrant des outils de réflexion utiles pour concevoir des espaces favorisant l’équilibre, la sécurité et la qualité de vie, en particulier pendant les phases sensibles du développement infantile.
Environnement et bien-être : une vision partagée entre cultures
L’attention portée à l’influence du lieu sur l’être humain n’est pas propre à la culture chinoise. D’autres civilisations anciennes, comme la civilisation romaine, reconnaissaient également l’importance du contexte environnemental. Le concept de Genius Loci décrivait la « qualité » d’un lieu, réputée capable d’influencer la vie et le bien-être de ses habitants.
La différence majeure réside dans le fait que, tandis que de nombreuses traditions occidentales se sont fragmentées ou perdues au fil du temps, la culture chinoise a préservé et transmis son savoir de manière continue, permettant au Feng Shui d’évoluer et d’être réinterprété à la lumière des connaissances scientifiques modernes.
La perception subjective de l’espace
Il est courant de ressentir des états émotionnels différents selon les environnements : certaines pièces favorisent la détente et la sécurité, d’autres l’activation ou la concentration. Le Feng Shui propose une lecture de ces phénomènes à travers le concept de qualité énergétique de l’espace, tandis que les neurosciences environnementales évoquent les stimuli sensoriels, les configurations spatiales et la charge cognitive.
Des interventions simples – comme la disposition du mobilier, l’introduction d’éléments naturels ou la réorganisation des espaces dédiés à l’enfant – peuvent contribuer à améliorer la qualité de l’expérience domestique, favorisant un climat émotionnel plus stable et régulé.

Principes fondamentaux du Feng Shui
Le Feng Shui repose sur deux piliers théoriques principaux :
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Théorie du Yin et du Yang, qui décrit l’équilibre dynamique entre polarités complémentaires (activité et repos, lumière et ombre, stimulation et détente).
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Théorie des Cinq Éléments (bois, feu, terre, métal, eau), utilisée pour interpréter les qualités des environnements et leur impact symbolique et fonctionnel.
Dans le cadre domestique, l’objectif est de favoriser une distribution harmonieuse des espaces, capable de soutenir les besoins évolutifs, émotionnels et relationnels de la famille, avec une attention particulière au nouveau-né.
La maison comme système de soutien au développement
La maison répond non seulement à des besoins matériels (nutrition, sommeil, protection), mais aussi à des besoins psychologiques et relationnels : sécurité, appartenance, communication, régulation émotionnelle, projection dans l’avenir.
Une conception consciente des espaces peut contribuer à :
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favoriser la concentration et la productivité,
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soutenir la communication parent–enfant,
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améliorer la qualité du sommeil,
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renforcer le lien de couple,
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promouvoir l’ordre mental et émotionnel,
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faciliter le partage familial.
Ces objectifs trouvent un écho à la fois dans les principes du Feng Shui et dans les données de la psychologie environnementale, qui montrent que la lumière naturelle, l’ordre, des couleurs adaptées et des espaces bien définis influencent positivement le bien-être et la qualité des relations.
La chambre : espace de sécurité et de régénération
Dans le Feng Shui, la chambre est considérée comme un espace central pour la récupération énergétique. Dans le cas du nouveau-né et de l’enfant, elle revêt une importance encore plus grande, car elle contribue à la construction du sentiment de sécurité primaire.
Un environnement visuellement ordonné, avec des couleurs douces, un éclairage tamisé et des matériaux naturels, favorise :
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le sommeil profond,
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la régulation émotionnelle,
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le sentiment de protection,
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le renforcement du lien affectif avec les parents.
Positionnement de la chambre et du lit
Selon les principes du Feng Shui, l’emplacement de la chambre de l’enfant devrait privilégier les zones calmes et protégées de la maison. L’orientation vers l’est est traditionnellement associée à la croissance et au renouveau, tandis que la lumière naturelle du matin est reconnue par la science comme régulateur du rythme circadien.
Concernant le lit :
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il est préférable de le placer à distance de la porte,
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d’éviter un positionnement direct sous les fenêtres,
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de maintenir l’espace environnant libre et ordonné,
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d’éviter les objets sous le lit, favorisant ainsi une perception de légèreté et de stabilité.
Ces indications peuvent être interprétées, dans une lecture moderne, comme des stratégies visant à réduire les stimuli perturbateurs et à créer un environnement prévisible et rassurant.

Orientation et individualité de l’enfant
Les indications concernant les points cardinaux (tête au nord, à l’est, au sud, etc.) appartiennent à la tradition symbolique du Feng Shui. Dans une approche contemporaine, ces suggestions doivent être interprétées avec souplesse, en tenant compte du tempérament, de la sensibilité et des besoins spécifiques de l’enfant.
Il n’existe pas d’orientations universellement valables : l’observation du bien-être individuel reste le critère prioritaire.
Matériaux et sécurité environnementale
Le choix des matériaux joue un rôle central dans la qualité de l’environnement infantile.
Le bois est particulièrement recommandé car :
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il s’agit d’un matériau naturel et chaleureux,
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il contribue à une perception de stabilité et de confort,
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il absorbe l’humidité en améliorant la qualité de l’air,
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il favorise des surfaces mates et non réfléchissantes, moins stimulantes sur le plan sensoriel.
Des meubles aux formes arrondies, aux couleurs claires et aux surfaces non brillantes sont recommandés. L’usage excessif du métal est généralement déconseillé pour des raisons de confort, de sécurité et de perception sensorielle, plus que pour des considérations énergétiques au sens strict.
Ch’i, grossesse et relation mère–enfant
Dans la Médecine Traditionnelle Chinoise, le Ch’i représente l’énergie vitale qui soutient les fonctions de l’organisme. Pendant la grossesse, le bien-être psychophysique de la mère est considéré comme central pour le développement fœtal.
En termes scientifiques, ce concept peut être mis en relation avec :
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l’état émotionnel maternel,
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la régulation du stress,
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le bonding prénatal,
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l’influence de l’environnement sur le système neuroendocrinien.
Un environnement domestique harmonieux peut ainsi soutenir indirectement le bien-être de la dyade mère–enfant.
Une précision nécessaire
Dans les années 1970, avec la diffusion du Feng Shui en Occident, cette discipline a souvent été simplifiée et réduite à un ensemble de règles rigides ou d’objets décoratifs dénués de fondement. Il est essentiel de distinguer ces interprétations commerciales du Feng Shui compris comme discipline d’observation et de relation entre l’environnement et la personne.
Dans une perspective scientifique et pédiatrique, le Feng Shui ne doit pas être considéré comme une pratique ésotérique, mais comme un outil culturel pouvant dialoguer avec la conception consciente des espaces et s’intégrer aux connaissances modernes sur le développement et le bien-être.
Conclusion
Créer un environnement harmonieux pour le nouveau-né et l’enfant signifie concevoir des espaces qui soutiennent la sécurité, la régulation émotionnelle et le développement. Le Feng Shui, réinterprété de manière critique et intégré aux sciences contemporaines, offre un cadre de réflexion utile pour accompagner les familles dans la construction d’un nid accueillant, équilibré et respectueux des besoins évolutifs.
