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Approfondimenti scientifici

Hypothermie néonatale et signes de froid chez le nouveau-né et le nourrisson

Dr.esse Iolanda Rinaldi
FOCUS: Le nouveau-né et l'hiver

Les nouveau-nés et les nourrissons constituent une population particulièrement vulnérable aux chocs thermiques et aux coups de froid, surtout pendant les mois d’hiver. Leur physiologie thermorégulatrice est encore immature : la masse musculaire limitée, les faibles réserves énergétiques et l’important rapport surface corporelle/poids favorisent une déperdition rapide de la chaleur.
Au cours des premiers mois de vie, toute exposition prolongée à des températures ambiantes inférieures à la zone thermoneutre peut induire une hypothermie, avec des conséquences métaboliques, neurologiques et cardiovasculaires possibles. La prévention nécessite une bonne compréhension des signes de froid, des facteurs environnementaux et des stratégies de protection thermique, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Physiopathologie des coups de froid

L’hypothermie néonatale survient lorsque la production de chaleur endogène ne parvient pas à compenser la perte thermique. Chez les nouveau-nés, la capacité réduite de thermogenèse induite par les frissons musculaires, associée à une adaptation vasomotrice périphérique encore immature, augmente la sensibilité à la perte de chaleur. La déperdition se produit par conduction (contact avec des surfaces froides), convection (air froid), évaporation (humidité sur la peau) et rayonnement.

L’exposition rapide à des températures très différentes, comme le passage d’un environnement chauffé à des espaces extérieurs froids, représente un stress thermique aigu qui pourrait déstabiliser rapidement l’homéostasie néonatale. Les effets physiologiques comprennent une augmentation de la fréquence cardiaque, une hausse du métabolisme de base, une mobilisation accélérée des réserves énergétiques et une réduction de la perfusion périphérique. Dans les cas les plus graves, une léthargie, une apnée, une hypoglycémie et une altération de la fonction rénale peuvent apparaître.

 

Signes cliniques de froid

La reconnaissance précoce des signes de froid est cruciale pour prévenir l’hypothermie.
Les nouveau-nés et les nourrissons peuvent présenter des phénomènes :

  • Cutanés : extrémités froides, pâleur ou cyanose périphérique, marbrures cutanées, lèvres et visage pâles.
  • Comportementaux : irritabilité, pleurs aigus, activité motrice réduite, posture avec les membres fléchis près du tronc pour réduire la déperdition de chaleur.
  • Physiologiques : tachycardie compensatrice, tachypnée, hypotonie ou léthargie dans les cas les plus avancés.

À l’inverse, les signes de bien-être thermique comprennent un teint uniforme, une peau chaude au toucher, une activité motrice harmonieuse, un tonus musculaire normal et une succion efficace. La posture sur le dos du nouveau-né et du nourrisson dans le petit lit, le berceau ou le landau aux dimensions généreuses, avec les membres semi-fléchis constitue un comportement adaptatif qui permet d’économiser de l’énergie et de réduire la déperdition de chaleur.

 

Facteurs environnementaux intérieurs

Les conditions de l’environnement domestique influencent de manière significative la thermorégulation du nouveau-né. Des températures inférieures à 20°C ou des courants d’air directs pourraient augmenter le risque de coups de froid en hiver, tandis que des environnements excessivement chauds ou ayant une humidité relative élevée (>60%) peuvent compromettre la capacité d’adaptation thermique des nourrissons plus âgés.

D’autres facteurs à considérer incluent :

  • Sols froids ou surfaces non isolées (céramique, marbre) en contact avec le nouveau-né.
  • Mauvaise isolation des portes et fenêtres, favorisant la déperdition thermique.
  • Vêtements et tissus inadéquats : les matières synthétiques peu respirantes peuvent entraver la régulation de la chaleur.

L’utilisation de la superposition de vêtements (layering) représente la stratégie la plus efficace pour moduler la chaleur corporelle. Plusieurs couches fines et respirantes permettent d’ajouter ou de retirer des vêtements en fonction de la température ambiante, réduisant ainsi le risque d’hypothermie.

 

Facteurs environnementaux extérieurs

L’exposition à l’extérieur en hiver constitue un risque supplémentaire. Les courants d’air, le vent, la pluie et les basses températures augmentent la déperdition de chaleur, en particulier par la tête, qui représente l’aire de forte déperdition thermique.

Les écarts thermiques, comme le passage d’un environnement intérieur chaud à des conditions extérieures rudes, constituent un stress supplémentaire : l’organisme doit activer rapidement des mécanismes de vasoconstriction et augmenter la dépense énergétique, mais chez les nouveau-nés, cette réponse est immature. Cela peut entraîner une irritabilité, une diminution de la succion, une activité réduite et une plus grande sensibilité aux infections respiratoires.

Les stratégies préventives comprennent :

  • Éviter les expositions prolongées en plein air pendant les heures les plus froides de la journée.
  • Utiliser des chancelières d’hiver dans le landau et la poussette, des protections contre le vent ou des couvertures respirantes.
  • Limiter les passages brusques des environnements chauds aux espaces extérieurs froids, en favorisant la progressivité.

Les coups de froid chez les nouveau-nés et les nourrissons constituent une urgence thermique évitable. La connaissance de la physiopathologie, la reconnaissance précoce des signes cliniques, une gestion attentive des environnements intérieurs et extérieurs et l’adoption de stratégies de superposition (layering) efficaces sont des aspects fondamentaux pour garantir un bien-être thermique optimal et réduire le risque de complications. La protection thermique pendant les mois d’hiver est un élément centrale des soins pédiatriques, tant à domicile qu’en milieu hospitalier.

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