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Approfondimenti scientifici

Entraînement respiratoire pour l'accouchement

Dott.ssa Angela Paterno
FOCUS: Famille et maternité

Le travail représente l’une des expériences les plus intenses et complexes dans la vie d’une femme, caractérisée par des contractions utérines régulières et une dilatation progressive du col, mais aussi par une implication profonde sur les plans neurophysiologique, émotionnel et psychologique. Aux côtés des interventions médicales et pharmacologiques, les techniques non pharmacologiques fondées sur le contrôle de la respiration, la relaxation musculaire, le mouvement actif et l’adoption de positions favorables prennent un rôle de plus en plus central pour faciliter un travail physiologique, réduire la perception de la douleur et améliorer l’expérience maternelle.

Techniques de respiration : régulation neurophysiologique et analgésie endogène

Les techniques respiratoires constituent l’un des outils les plus anciens et universels pour moduler la douleur du travail. Des études neurophysiologiques montrent que la respiration profonde et rythmée stimule le système nerveux parasympathique, facilitant la libération de neurotransmetteurs tels que la sérotonine et les endorphines, qui agissent comme des analgésiques endogènes. Par ailleurs, une respiration contrôlée améliore l’oxygénation de l’utérus et du fœtus, rendant les contractions plus tolérables.

Un exemple significatif est le méthode Lamaze, développé dans les années 1950 par le médecin français Fernand Lamaze. Cette approche repose sur l’idée que la femme, grâce à des techniques de respiration contrôlée, de relaxation musculaire et de conscience corporelle, peut gérer activement la douleur du travail en réduisant l’anxiété et la tension. Cette méthode encourage le mouvement libre, l’adoption de positions confortables et le soutien continu pendant l’accouchement, favorisant une expérience plus naturelle et positive. Aujourd’hui, c’est l’une des méthodes les plus répandues dans le monde pour préparer les femmes à l’accouchement physiologique.

Exemple de technique de respiration Lamaze

Position confortable : adopter une position naturelle et détendue, debout, assise ou en marchant lentement. Il est également possible de s’appuyer sur une surface stable afin d’améliorer le confort.

Respiration rythmée et contrôlée : au début de la contraction, inspirer lentement et profondément par le nez, en comptant mentalement jusqu’à 3, en laissant le diaphragme s’abaisser et l’abdomen se soulever légèrement.

Expiration lente : l’expiration se fait par la bouche entrouverte, avec un son doux et régulier (par exemple un léger « hee » ou « hoo »), en comptant jusqu’à 4 ou 5, tout en relâchant progressivement la tension accumulée.

Répétition du cycle : le cycle d’inspiration et d’expiration est maintenu pendant toute la durée de la contraction, en restant attentif au rythme respiratoire et au relâchement des groupes musculaires sollicités.

Respiration de repos : durant les pauses entre deux contractions, revenir à une respiration naturelle et profonde, afin de favoriser la récupération et de se préparer à la phase suivante.

Cette technique facilite la distraction face à la douleur, augmente la production d’endorphines naturelles et favorise la relaxation musculaire, contribuant à un travail plus serein.

 

Relaxation musculaire : de l’antique soulagement du stress à la pratique obstétricale

La relaxation musculaire progressive, conçue au XXe siècle par Edmund Jacobson, est une technique largement utilisée également en contexte obstétrical pour contrer la tension musculaire et la rigidité pelvienne susceptibles d’entraver le déroulement de l’accouchement. Son efficacité a été confirmée par des études mettant en évidence une diminution du tonus musculaire, de la fréquence cardiaque et des niveaux de cortisol, l’hormone typique du stress.

La femme est guidée pour reconnaître puis relâcher progressivement les principaux groupes musculaires impliqués, favorisant un état corporel plus accueillant pour le passage fœtal. Intégrée à la respiration et aux visualisations, la relaxation renforce l’effet analgésique et anxiolytique.

Mouvement et positions actives : mécanique et physiologie de l’accouchement dynamique

Le mouvement pendant le travail est reconnu depuis l’Antiquité, des textes historiques documentant la marche, les oscillations du bassin et les positions verticales comme outils facilitant la progression de l’accouchement. Aujourd’hui, la recherche confirme l’efficacité du mouvement actif pour réduire la durée du travail et améliorer la perception de la douleur.

Marcher sollicite la gravité, favorise l’orientation optimale du fœtus et module les contractions utérines. L’adoption de positions variées, comme à genoux, assise sur un ballon ou en position accroupie, influence la morphologie pelvienne, augmentant les dimensions du canal de naissance et facilitant l’expulsion. De plus, le mouvement actif contribue à maintenir un sentiment de contrôle et de participation active de la part de la femme, éléments clés d’une expérience positive.

L’intégration des techniques : une approche synergique

L’efficacité de ces techniques réside souvent dans leur intégration personnalisée pendant le travail. Les sages-femmes d’aujourd’hui sont formées pour accompagner la femme dans une combinaison dynamique de respiration contrôlée, de relaxation musculaire, de mouvement et de positions variables selon les phases et les besoins individuels de l’accouchement. Cette synergie produit des effets complémentaires, en optimisant les ressources physiologiques et psychologiques de la femme et en favorisant un travail plus physiologique et moins médicalisé.

Des études neuroscientifiques récentes ont montré que la stimulation sensorielle produite par des mouvements rythmiques et par certaines positions peut activer des voies nerveuses impliquées dans le contrôle de la douleur et dans l’activation du système endocannabinoïde, ouvrant de nouvelles perspectives pour le soutien non pharmacologique du travail. Par ailleurs, l’adoption de positions verticales ou semi-verticales est soutenue par des technologies modernes telles que la tomographie informatisée pelvienne dynamique, qui documente l’augmentation des dimensions du bassin dans ces configurations par rapport à la position dorsale traditionnelle.

Exemple d’entraînement respiratoire pour le travail

L’entraînement respiratoire s’articule autour de deux principales modalités respiratoires à utiliser à des moments distincts du travail :

  • la respiration lente et profonde pendant les contractions,
  • la respiration rapide et plus superficielle pendant les pauses entre deux contractions.
Guide pratique pour l’entraînement quotidien :

1. Préparation : commencer dans un environnement calme et confortable, en adoptant une position confortable assise ou allongée. Il est conseillé de fermer les yeux et de relâcher les épaules et le cou afin de faciliter la concentration.

2. Respiration profonde (phase active de la contraction) : inspirer lentement et profondément par le nez, en comptant mentalement jusqu’à 4, en percevant l’air atteindre la partie basse des poumons et l’abaissement du diaphragme.

    • Retenir brièvement l’air pendant 1 à 2 secondes, sans effort.
    • Expirer lentement par la bouche, en comptant jusqu’à 6–8, en visualisant la libération de la tension et de la douleur avec l’air expulsé.
    • Répéter ce cycle respiratoire pendant toute la durée de la contraction.

Ce type de respiration aide à apaiser le système nerveux, activer la réponse parasympathique et stimuler la libération d’endorphines à effet analgésique.

3. Respiration rapide et superficielle (entre les contractions) : après la contraction, passer à une respiration rapide, légère et rythmée, similaire à un « souffle court », avec des inspirations et expirations rapides par la bouche, en évitant l’hyperventilation. Cette respiration favorise la vigilance mentale et prépare le corps à la contraction suivante. Poursuivre pendant quelques cycles, puis revenir à la respiration lente à l’arrivée de la contraction suivante.

4. Conscience corporelle : tout au long de l’exercice, maintenir l’attention focalisée sur les sensations corporelles, sur le rythme respiratoire et sur le relâchement des muscles du cou, des épaules et du plancher pelvien.

5. Exercice quotidien : il est recommandé de pratiquer régulièrement l’alternance des deux techniques respiratoires pendant au moins 10–15 minutes par jour, de préférence dans des moments de calme. Cette habitude permet de se familiariser avec le rythme respiratoire et de développer une meilleure conscience corporelle.

L’intégration de visualisations positives ou d’une musique relaxante peut renforcer l’efficacité de l’entraînement.

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